La NCAA, simple ligue universitaire ?

u3hofqNational College Athletic Association. Pour la plupart des français, cette appellation est parfaitement inconnue. Ces 4 lettres désignent l’association sportive américaine organisant les différentes ligues sportives universitaires dans le pays. On peut alors y retrouver 25 disciplines très variées comment l’Aviron, le bowling et la lutte mais aussi et surtout le Basketball, le Football Américain, le Baseball et le Hockey sur Glace, sports les plus populaires aux Etats-Unis. 1281 institutions américaines se regroupent dans cette association.

Fondée en 1906, la NCAA avait pour but premier de « protéger les jeunes personnes des pratiques athlétiques dangereuses de l’époque » comme l’on peut le lire sur leur site. Aujourd’hui cette association s’est développée et son activité peut être détaillée et analysée en plusieurs points.

Tout d’abord il est nécessaire de rappeler que les institutions présentes sont des universités formant des étudiants à divers métiers pas seulement sportifs. Pour développer l’attachement d’un élève envers son école et ainsi la développer, il faut créer une émulation autour d’elle. Il serait curieux d’étudier les conversations sportives dans l’Université de Gonzaga (Washington) dont l’équipe de Basket est sur une série actuelle de 22 victoires pour 0 défaite. Les résultats sportifs dû à la NCAA créent une motivation, un environnement positif dans lequel évoluer.

Dans un deuxième temps nous pouvons parler des réussites sportives : Michael Jordan (North Carolina), Larry Bird (Indiana State) ou Shaquille O’Neal (LSU) pour ne citer qu’eux en Basketball, Bo Jackson (Auburn University) qui a réussi l’exploit de devenir une légende du Baseball et du Football Américain, Sally Kipyego (South Plains College) médaillée d’argent aux JO de Londres, Jesse Owens (East Technical High School) 4 fois médaillé d’or aux JO de Berlin ou encore Natalie Couglin (University of California) 6 fois médaillée olympique à Beijing. La liste est encore très longue et remplie de grands athlètes et légendes de leur sport. Toutes ces réussites n’auraient peut-être pas été possible sans la NCAA.

En troisième lieu : la « March Madness » à traduire « Folie de Mars » représente l’équivalent des PlayOffs en NBA pour le championnat universitaire de Basket. Toutefois, au contraire de la NBA et ses 16 franchises, 64 universités seront présentes. Dans un interview réalisé par reverse.basketsession, David Lighty, ancien coéquipier à l’université de Mike Conley notamment et ayant évoluer quelques années en Pro A, exprime à propos de l’ambiance «  Mais c’est fou ! C’est le genre de moment que vous voulez vivre en tant que joueur. Les moments où vous jouez devant un large public dans des grandes salles avec une chance de tout gagner. C’est un peu comme la Leaders Cup en France mais en cent fois plus fou. » avant d’exprimer « C’est clair que les fans sont à fond. Il y avait toujours plein de monde pour nous attendre à l’hôtel, on était obligé d’être escortés par des policiers. ». L’engouement provoqué par cette compétition NCAA explique aussi sa popularité aux Etats-Unis.

Une aubaine en matière de Business

1,1 milliards de dollars. C’est le montant déboursé par les sponsors pour la saison 2014-2015 selon Umbel. Nous allons d’abord parler des équipementiers. Il est tout d’abord important de préciser que toutes les universités ont le droit de choisir un équipementier différent. En prenant les 20 meilleures équipes NCAA Football et Basketball compris, Nike possède 85% de ces dernières, Under Armour 10% et Adidas 5%. Et les montants sont très important, Nike va payer 169 Millions de dollars sur 15 ans à l’Université du Michigan (à savoir plus de 10M par an) avec la possibilité de prolonger le contrat. C’est le plus gros deal de sponsoring équipementier en NCAA. Pour Under Armour c’est 9M pour l’Université Notre Dame sur 10 ans. Adidas prend le 3e plus gros contrat avec UCLA et Arizona State à hauteur de 7.5M de dollars. Pourquoi investir autant sur du sport universitaire ? Parce qu’il est extrêmement populaire et est diffusé sur plusieurs chaines aux Etats-Unis : ESPN, Fox, CBS, NBC pour les plus connus ainsi qu’une dizaine d’autres chaines offrant aux équipementiers mais aussi aux sponsors et partenaires officiels une grande visibilité dans le pays. Pour les sponsors de la NCAA, au nombre de 18 dont les 3 principaux sont Coca-Cola, Capital-One et AT&T, le retour est aussi important. Selon une étude réalisée par Turnkey Sports & Entertainment, les fans de sports universitaires retiennent de plus en plus les sponsors. Cela est dû, toujours selon cette étude, à l’augmentation de la programmation télévisuelle ainsi que les évènements créés autour des universités. Plus de 41% des personnes interrogés ont indiqués reconnaitre Coca comme partenaire principal, faisant d’elle la plus reconnue du sport universitaire (partenariat dans sa 15e année à ce jour). De plus, avec l’avancée des nouvelles technologie, smartphone etc, les entreprises peuvent avoir un degré d’activation supérieur. Ainsi Coca-Cola pendant la saison 2015-2016 a créé une publicité en collaboration avec l’application Shazam, les utilisateurs pouvaient versés du coca numérique dans un verre numérique. La compagnie Rent-a-Car a elle aussi augmenté sa popularité auprès des fans de sport universitaire grâce à sa campagne publicitaire montrant des employés de l’entreprise qui sont d’anciens athlètes universitaires.

Une limite à son développement ?

La NCAA est donc un tremplin pour les athlètes voulant évoluer au plus haut niveau mais aussi une opportunité pour les entreprises et équipementiers voulant gagner en visibilité sur le territoire américain. Bien que ces ligues universitaires comportent beaucoup d’avantages, elle est aussi décriée et critiquée. La raison est son approche financière. Bien qu’elle réalise beaucoup de profit, la NCAA est enregistrée comme une organisation à but non lucrative et ne paye donc pas de taxes. De plus les profits générés (qui sont enregistrés comme « surplus sur le budget ») pourraient servir à payer les athlètes sans qui la NCAA ne pourrait pas exister. Une des raisons qui pourrait s’opposer à cela est le fameux « What’s next? » c’est-à-dire que si l’on commence à payer les athlètes dans les Universités, il faudra aussi rémunéré dans les institutions précédentes. La réponse ici apportée Jay Bilas, analyste pour ESPN sur le basketball universitaire, est qu’il existe une grosse différence entre le sport universitaire et les sportifs dans les « High School », étape scolaire avant l’université. La différence est notamment marketing, la NCAA comme expliqué plus tôt est diffusé partout aux Etats-Unis, comme peut l’être la NBA ou la NFL. Un autre point positif évoqué est que les bons joueurs, au lieu d’arrêter les études après la 1ere année, pourraient continuer et finir leur cursus scolaire avant d’entrer dans le monde du sport professionnel. Cependant implémenter des nouvelles règles de salaire pourrait s’avérer compliqué et c’est pour cela qu’il n’y a, à l’heure actuelle, aucun changement à ce niveau-là.

Photo : Joueurs de football américain universitaire
Crédit Photo : wallpapersafari.com

Nicolas Nocquet

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s